Jean-Jacques Goldman a composé "Il suffira d'un signe" dans les années 1970, plus précisément vers 1978-1979 [1][8]. La chanson trouve son origine dans une commande : un producteur avait demandé à Goldman d'écrire des titres pour une jeune chanteuse qui devait participer au "Jeu de la Chance" à la télévision [1][8]. Goldman explique :
"Alors j'ai fait 'Il suffira d'un signe' que la fille a chanté au Jeu de la Chance à la télé en 78 ou 79" [1]
La chanson s'inspire directement de la situation politique en Iran à la fin des années 1970. Goldman confie :
"Je pensais à l'Iran, c'était en 79-80 que j'ai dû l'écrire et c'était l'époque où le Shah d'Iran était encore au pouvoir et il y avait un Ayatollah dont on ne savait pas encore qui c'était... Khomeyni" [1]
Il explique avoir été touché par l'espoir du peuple iranien qui attendait un changement radical :
"C'était vraiment une vraie terreur et tout le monde attendait cet homme-là comme un messie, alors j'imaginais ces gens-là" [1]
L'histoire du succès de la chanson est marquée par le hasard. Marc Lumbroso, jeune éditeur musical, avait remarqué le nom de Goldman au générique de l'émission télévisée et l'avait contacté via la SACEM [1]. Goldman raconte :
"Marc Lumbroso, qui était un jeune éditeur affamé, donc autrement dit qui était obligé de faire son métier a vu mon nom au générique et a appelé la SACEM pour avoir mon numéro de téléphone" [1]
Goldman fut complètement surpris par le succès de cette chanson qu'il avait écrite pour se faire plaisir. Il déclare :
"Complètement. Avec la démarche que j'avais, une musique et des textes pareils, je m'attendais à plaire à trois pelés et un tondu" [1]
Il compare même cette situation à celle :
"du type qui joue vaguement au tennis le dimanche, s'inscrit à Roland Garros et se met à gagner" [1]
Sur son premier album, Goldman avait composé de nombreuses chansons auxquelles il croyait davantage pour être le premier single, mais c'est "Il suffira d'un signe", qu'il avait faite "pour se faire plaisir", qui a finalement percé [1]. Cette expérience lui a enseigné une leçon importante :
"à partir de ce moment-là, je me suis dit qu'il fallait vraiment que je me fasse plaisir" [1]
Les débuts de la chanson furent laborieux. Elle ne trouvait pas son public et stagnait dans les charts pendant plus de quatre mois [4]. La chanson avait un handicap commercial certain car elle durait "cinq ou six minutes sur l'album", ce qui n'était pas favorable pour un 45 tours [1].
Un passage dans l'émission "Champs-Élysées" le 6 mars 1982 a contribué significativement à faire connaître le titre [2]. La chanson finit par atteindre la première place des ventes en mai 1982, devenant le numéro un le 9 mai 1982 [4][2].
"Il suffira d'un signe" reste une chanson particulière pour Goldman. Il avoue :
"Y'a pas un soir où je n'ai pas commencé l'intro d'Il suffira d'un signe sans avoir le petit frisson. Ce qui arrive pas sur les autres chansons" [1]
Il la cite parmi ses chansons préférées avec "Je te donne" :
"C'est des chansons que j'aime bien" [1]
Jean Mareska, collaborateur de Goldman, révèle que la chanson était initialement "à la base une chanson lente, presque molle". Le déclic s'est produit quand "Jean-Jacques un jour a rajouté une guitaire derrière et cela a donné la pêche" [1].
Cette chanson marque véritablement le début de la carrière solo de Goldman. Elle représente le premier d'une longue série de tubes et définit les lignes directrices de son œuvre future [7]. Goldman reconnaît : "c'est elle qui a eu du succès, la première" [1].
Pour Goldman, le titre évoque la philosophie des opportunités dans la vie :
"D'un signe, d'une porte. La vie m'apparaît comme une succession de portes qui s'ouvrent, de signes qu'on nous fait. Nous sommes en mesure de les comprendre ou non" [1]
Il souligne que :
"la vraie chance étant de savoir répondre aux signes qui s'imposent à nous" [1]
"Il suffira d'un signe" est une chanson que Goldman a chantée à tous ses concerts sans jamais s'en lasser, contrairement à d'autres titres [1]. Elle fait partie des chansons qui lui procurent "le plus de joie" quand il les joue [1].
La chanson a connu un succès particulier dans les discothèques de l'époque. Goldman se souvient :
"Je me rappelle qu'au début, toutes les chansons étaient reprises dans les discothèques. Nous avions même fait des remix de 'Je marche seul', 'Quand la musique est bonne', 'Il suffira d'un signe'" [1]
Une programmatrice radio nommée Monique Le Marcis a joué un rôle crucial dans le succès de la chanson. Goldman raconte :
"Et il y a une dame, dans une radio, qui s'appelait Monique Le Marcis qui a trouvé que c'était pas mal et qui a programmé ça en dépit du bon sens" [1]
alors que les autres radios ne s'y intéressaient pas.
Goldman explique qu'il ne peut pas modifier les versions des chansons qui ont eu du succès car "les gens, finalement, les connaissent avec leurs défauts". Il compare cela à "certaines photos jaunies, ils les aiment jaunies" [1].