Jean-Jacques Goldman a eu l'inspiration pour cette chanson lors d'une promenade à Montrouge : "Un jour, je me promène dans l'avenue Verdier, à Montrouge. C'est un dimanche après-midi. J'entends du bruit. Je lève les yeux. Ce sont des ailes de pigeons. Je vois un balcon. Je me dis : il y a quelqu'un derrière, quelqu'un qui leur lance quelque chose". Cette scène banale lui a inspiré une réflexion sur la solitude moderne et les vies vécues indirectement à travers les médias :source[2]:source[7].
La version originale studio est parue en 1985 dans l'album Non homologué. Cependant, c'est la version live enregistrée en 1986 dans l'album En public qui a connu un succès commercial majeur :source[1]:source[7].
La chanson décrit une femme anonyme vivant dans une solitude profonde. Ses seules interactions consistent à nourrir des pigeons depuis son balcon. Sa vie se résume à des routines domestiques (repassage, nettoyage) et à une consommation passive de télévision et de presse people : "Elle vit sa vie par procuration devant son poste de télévision". Goldman en fait un symbole des "invisibles" de la société moderne :source[4]:source[5]:source[7].
- La solitude urbaine : "Des mois des années sans personne à aimer"
- La déshumanisation : "Les êtres ont cédé, perdu la bagarre / Les choses ont gagné, c'est leur territoire"
- La résignation : "Elle finira par trouver ça normal"
- La médiatisation comme substitut de vie : "Elle apprend dans la presse à scandale la vie des autres qui s'étale"
Goldman lui-même décrit ces personnages comme ceux dont "on ne s'apercevra de l'absence qu'à cause de l'odeur" :source[2]:source[4].
La version studio originale était "deux fois plus lente" selon Goldman. Un incident technique lors d'un concert a transformé la chanson : "un soir, le truc n'a pas marché. Donc je me suis retourné vers [le batteur] et je lui ai dit 'allez on y va !'. Donc, il fait 'trois, quatre' et on est partis deux fois plus vite !". Cette version plus énergique, enregistrée dans l'album En public, est devenue le succès radio :source[7].
Il se décrit comme un "chroniqueur" et un "bon diagnostiqueur de ce qui se passe" : "Je pense qu'on est un peu des chroniqueurs, et puis des bons diagnostiqueurs de ce qui se passe, on prend un peu l'air du temps". Il précise que le titre même fonctionne comme un "titre d'article de journal" :source[7]:source[8].
Elle s'inscrit dans une série de portraits de femmes en attente (Elle attend, Il me dit que je suis belle, En attendant ses pas). Goldman confie : "Je suis beaucoup touché par ces femmes qui rêvent [...] surtout le côté 'je vivrai plus tard'". Musicalement, elle marque son refus des tendances électroniques des années 1980 au profit d'un son rock organique :source[7].